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Edito

Juil2015

Où en sont les entreprises en matière de langues ?

Nous disposons aujourd’hui d’un grand nombre d’enquêtes effectuées depuis une dizaine d’années, après le coup d’envoi donné par l’enquête ELAN, publiée en 2007, sur l’effet du manque de compétences en langues sur le développement des entreprises.

D’autres études ont été réalisées par la suite : le rapport « les langues font nos affaires », publié en 2009 par le forum des entreprises sur le multilinguisme, présidé par Etienne Davignon ; l’étude PIMLICO publiée en 2011 sur les stratégies de management des langues dans les petites et moyennes entreprises européennes ; le programme de recherche DYLAN (Dynamique des langues), dont le volet « entreprises » était particulièrement important ; une enquête publiée en 2011 par l’OREFQ (Observatoire régionale des emplois, des formations et qualifications) de la région Lorraine ; une enquête extension du programme ELAN, menée en Catalogne, l’enquête CELAN (Compétitivité et Emploi par des moyens Linguistiques) sur les besoins linguistiques des entreprises ; et enfin, le rapport LEMP (« Langues et employabilité », en cours de publication. Et cette liste est loin d’être exhaustive. Nous devrions en particulier ajouter les travaux menés par le British Council, par le professeur Claude Truchot, notamment dans le cadre d’une coopération franco-québécoise, également ceux conduits sous la direction du professeur François Grin à l’Université de Genève.

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Mar2015

A contresens

Nous ne sommes pas critique théâtral ou cinématographique. Aussi ce qui suit n’est pas une critique de l’Antigone de Sophocle, réalisée par Ivo van Hove dans le cadre du tandem Paris-Londres.

Toutefois, nous partageons la gêne manifestée par la belle Juliette Binoche, qui interprète le rôle en anglais, répondant sur France Inter le 26 février à 18h43 au micro de Stéphane Capron.

Les mots prononcés sont exactement ceux-ci : "Moi, ça fait longtemps que je travaille à l'européenne. Ce qu'ils nous disent, c'est que, une langue, c'est l'anglais. Il faut se plier à cette idée-là que l'anglais, c'est le moyen de communiquer avec nous tous qui sommes d'origines différentes."

Comme il est doux d’entendre qu’un certain « ils » ignore les fondements de l’Union européenne synthétisés dans sa devise « unis dans la diversité », de même que les pratiques linguistiques en vigueur dans les institutions représentatives de l’Union européenne où l’anglais, certes surreprésenté, n’est nullement d’usage exclusif.

En revanche, tout ce qui gravite autour des institutions européennes de lobbies et de groupes de pression a effectivement une certaine façon de « travailler à l’européenne », celle sans doute dont parle Juliette Binoche. Leurs liens avec les Européens, citoyens des pays européens, sont assez lointains, pour ne pas dire plus.

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Jan2015

Citoyenneté, une valeur éteinte ?

Il y a des valeurs que l’on croit éteintes ou en voie de l’être.

Avec la mondialisation, l’État voit ses pouvoirs contestés de toutes parts, entraînant le déclin de la patrie.

Avec l’exacerbation de la compétition économique, la solidarité s’effiloche.

La croissance génère des inégalités, donc on croit que les inégalités génèrent la croissance.

Des idéologues du marché imaginent le marché remplaçant la démocratie qui passe pour archaïque.

Il n’y a plus de services publics, mais des biens et services.

Il n’y a plus d’usagers, mais des clients, plus de citoyens, mais des sujets consommateurs.

Il n’y a plus de culture, mais des impulsions, il n’y a plus d’histoire mais des feuilletons, il n’y a plus de langues mais une lingua franca.

La liberté, on n’ose plus en parler, le concept devient creux.

Patrie, solidarité, égalité, fraternité, démocratie, république, citoyenneté, culture, histoire, droit de parler et de comprendre, liberté ne sont que ringardises face à un monde que façonne la technologie et qui change à toute vitesse.

Et puis un acte criminel, barbare, remet les pendules à l’heure. Ils croyaient la démocratie au bord du gouffre, la société française en voie de décomposition et que c’était là qu’il fallait attaquer. Et ils ont attaqué, après New York, Londres, Madrid, Bruxelles, Peshawar, etc.

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Oct2014

L'aube d'une ère nouvelle ?

On dit souvent que pour convaincre, il faut joindre le geste à la parole. En politique, l’attitude, les actes comptent plus que les déclarations. Qu’il y ait contradiction entre l'un et l'autre, et la crédibilité est anéantie.

On se souvient que lors de l’eurovision du 15 mai, au cœur de la campagne pour la désignation du futur président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, de même que son compétiteur grec, Alexis Tsipras, s’étaient exprimés le premier en français, le second en grec, au grand dam de l’équipe organisatrice de l'Union européenne de radio-télévision, qui souhaitait imposer l’anglais comme langue unique des candidats.

Par la suite, Jean-Claude Juncker a affirmé son intention, s’il était élu, de donner plus d’importance aux langues officielles, en commençant par le français et l’allemand.

Aucun organe de presse, à l'exception d'Euractiv1, n’a signalé que lors de la séance d’investiture de la nouvelle Commission européenne, le 22 octobre, Jean-Claude Juncker a fait son discours en français, allemand et anglais et que Martin Schulz s’est exprimé principalement en allemand. Il en fut de même lors de la conférence de presse tenue à l’issue de cette séance du Parlement européen. L’audition de Federica Mogherini, Haute représentante de l’Union européenne pour les affaires étrangères, le 6 octobre, avait également été d’un plurilinguisme presque parfait.

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Juil2014

L'évidence et la cohérence

Le plurilinguisme ne serait-il pas une sorte de doxa reflétant un discours officiel avec lequel tout le monde est a priori d'accord, masquant une réalité plus contrastée.

La doctrine officielle du Conseil de l'Europe depuis plus d'un demi-siècle est le plurilinguisme et la grande œuvre linguistique du Conseil de l'Europe, à savoir le CECRL (Cadre Commun de Référence pour les Langues), et tout un ensemble de réalisations qui gravitent autour, est un document qui définit le plurilinguisme et en est imprégné. Sans le parer de vertus miraculeuses, le CECRL a l'avantage décisif de rendre comparables les systèmes éducatifs entre eux et d'en améliorer la lisibilité. Le Conseil de l'Europe est à l'origine également d'une multitude de conventions dont le but est de protéger la diversité linguistique et culturelle.

La doctrine officielle de l'Union européenne est le multilinguisme. Le règlement N°1 de 1958 pose les bases du multilinguisme institutionnel et fixe le cadre du régime linguistique auquel les institutions européennes doivent se référer. Le traité de Lisbonne rappelle le principe fondamental du respect de la diversité linguistique et culturelle de l'Europe. L'Union européenne, et particulièrement la Commission européenne, est à l'origine de nombreuses recommandations, de rapports et de décisions. Le Conseil européen de Barcelone de mars 2002 a notamment fixé l'objectif pour les systèmes éducatifs de deux langues étrangères au moins dès le plus jeune âge.

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Mai2014

Le régime linguistique de l'Europe, une question toujours d'actualité

L'OEP n'a pas à prendre position sur les programmes des groupes politiques du Parlement européen ni sur la personnalité des candidats* à l'élection du président de la Commission européenne.

Cependant, comme il fallait s'y attendre, les évolutions institutionnelles impliquées par le Traité de Lisbonne ont pour effet de reposer la question du régime linguistique de l'Union européenne.

Rappelons l'innovation du Traité de Lisbonne sur ce plan.

Le président de la Commission européenne n'est plus « désigné par le Conseil européen », choix qui est ensuite « approuvé par le Parlement européen », mais il est « élu par le Parlement européen sur proposition du Conseil européen », lequel doit « tenir compte des résultats de l'élection au Parlement européen ».

Les conséquences de ces inflexions significatives sont multiples.

1) Commençons d'abord par ce qui n'aurait pu être qu'un fait divers.

Le 15 mai 2014 aura lieu, ou a eu lieu, selon la date à laquelle vous lisez cet article, le grand débat de la campagne pour l'élection du président de la Commission européenne.

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